Présentation des Vins, des cépages

NOS VINS SONT ELEVES ET ACCOMPAGNES EN CAVE D’UNE MANIERE TRES DOUCE. LEURS FERMENTATIONS SONT EFFECTUEES PAR LEURS PROPRES LEVURES NATURELLES. LES BLANCS GRANDISSENT EN AMPHORES ET LES ROUGES EN BARRIQUES. TOUS LES TRAVAUX SE FONT EN TENANT COMPTE DU CALENDRIER LUNAIRE ET SANS UTILISATION DE POMPE: TRAVAIL PAR GRAVITE. LA MISE EN BOUTEILLE EST FAITE MANUELLEMENT, PIECE PAR PIECE, DIRECTEMENT DU FÛT A LA BOUTEILLE, PAR ECOULEMENT. NOUS UTILISONS UNE PIECE SPECIFIQUE « CHEVRE A DEUX BECS EN LAITON », CENTENAIRE, PROVENANT D’UN CELLIER FRANCAIS, QUE NOUS FIXONS SUR LA BARRIQUE POUR EMBOUTEILLER LES ROUGES. UNE PETITE DOSE DE SULFITE EST AJOUTEE POUR FACILITER LA CONSERVATION DE VOS FUTURS VINS. LE DIVICO EST NON SULFITE. VIN NON FILTRE.

Laisser vivre l’expression naturelle de chaque terroir et millésime selon ce que la Nature nous offre est notre fil conducteur !

Nous sommes très heureux aujourd’hui de vous faire découvrir nos nouveaux crus…mais avant, encore une petite histoire que j’aimerais vous conter :

Juillet 2020

Le chant des cigales bat son plein. Les vignes sont en pleine expansion végétative. Les grappes magnifiques… tout le petit peuple de l’herbe en pleine effervescence : criquets, sauterelles, lézards, serpents, papillons, insectes en tout genre s’affairent chacun à ses propres affaires, croissances, mues, chrysalides, chants, occupation de territoires, amours, naissances.

Moi, l’humaine artisane de la Vigne, suis en pleine réflexion et recherche afin de rencontrer une personne qui partage ma vision de la vigne et du vin pour m’accompagner et collaborer dans la démarche œnologique de ce millésime qui s’annonce grandiose.

Dans un élan du cœur, j’envoie ma demande à l’Univers…et celui-ci m’a répondu quelques encablures plus loin en la personne de Fabio Négri.

Par un heureux concours de circonstances, je rencontre un œnologue, italien d’origine, habité d’une riche expérience, passionné de vin, de grands vins, de gastronomie, vouant un profond respect au vin et à la vigne.

Pour lui l’histoire du Vin commence à la vigne, plus une vigne est magnifiée plus elle a le potentiel de révéler une énorme richesse à la cave.

Son franc parlé, son approche du vin, son écoute, son ouverture et sa philosophie m’ont plu. De son côté, en visitant minutieusement nos vignes, il reconnait la richesse, la beauté et leur potentiel et ma façon de travailler lui plaît. Il me confie qu’il éprouverait du plaisir et envie de faire l’accompagnement et l’élevage de mes raisins en biodynamie.

Lors d’une belle soirée d’été à déguster quelques grands crus locaux, nous avons conclu et mis en place une forme de collaboration entre Didier, directeur de la cave Hubert Germanier à Vétroz, Fabio son œnologue et moi-même.

L’Aventure commence… !

Présentation des Terroirs….

Un Terroir peut être vu comme une particularité de sol, de terre dans un lieu donné qui va influencer la typicité d’un vin. Il peut être très différent selon la nature de la roche mère duquel il est né, sa profondeur de terre, sa structure et sa texture, sa complexité biologique et chimique, ainsi que par la présence d’eau en sous-sol. Par cette palette d’influences issues de la période post-glaciaire, en l’espace de quelques dizaines de mètres seulement, le Terroir peut être complètement différent d’un secteur à un autre.

Nos vignes sont réparties sur quatre terroirs bien différents autour du village de Fully en Valais. Elles sont quasi toutes soutenues en aval par des murs en pierres sèches :

L’humain, au fil du temps, a utilisé les pierres se trouvant sur le sol pour former des terrasses, des murs en pierre sèches, pour atténuer la raideur de la pente et faciliter la culture.

La Poyaz sur le village de Saxé sont des terres bien pentues, issues, crées naturellement sur de vieilles moraines glaciaires. Très riche en pierres diverses en taille et en variétés, ces terres très minérales, peu riche en humus, plaisent bien au cépage ancien autochtone qu’est la Petite Arvine. Ces terres ressemblent aux moraines qu’on peut découvrir en haute montagne aux abords des glaciers.

Elles gardent de ce caractère originel la pureté, la sobriété, l’austérité de la vie ! Ici la vie n’a pas encore modelé son énergie sous toutes ses formes. On est sur quelque chose qui nous ramènent aux origines de la Terre Mère.

Creu de van est un lieu qui comme son nom l’indique se trouve dans un creu. Ou plutôt une grande terrasse, un replat (mais pas tout plat !). Dans la morphologie post-glaciaire qui a créé ici ce replat naturel, le creu s’est vu recouvrir de terres éoliennes, appelées aussi lœss. Ces terres micro fines se sont déplacées au fil de temps, de la plaine du Rhône jusque sur le côteau grâce à l’ami Vent. Ceci avant que la végétation post-glaciaire ne recouvre la surface. Les creux, les dépressions, se sont vu recouvrir de cette terre riche en calcaire sur parfois plusieurs mètres de hauteur. Preuve en est, les belles chênaies du coteau. On s’éloigne donc de l’influence directe de la roche mère et ses moraines, pour se retrouver sur quelque chose de plus profond, qui possède des capacités de retenir l’eau de pluie dans ses poches et donc de réserve nutritive plus abondante. Les éléments nutritifs des plantes se trouvent dans l’eau, ici on pourrait dire qu’on possède un petit frigo à disposition en cas de sécheresse estivale !

Ces terres plus profondes plaisent bien au Chasselas (Fendant) et au Johannisberg. Des cépages blancs qui préfèrent avoir cette marge alimentaire et hydrique.

Montons sur les hauteurs pour rejoindre la région d’Euloz :

Ici les terres sont proches d’un hameau habité depuis fort longtemps. Les vignes ont certainement quasi toutes un passé de jardinage, de céréales vivrières, de prés, inclus dans quelques lopins de vignes. Nos vignes ont des sols assez profond, enrichi de lœss, de fumier amené au fil du temps des écuries du hameau.

A 800 mètres d’altitude, le Païen (Heida) et le Divico se plaisent à merveille. Tous les deux sont des cépages à maturité précoce qui préfèrent la fraicheur de l’altitude, phénomène qui ralentit la maturation et permet le développement complet et harmonieux de tous leurs arômes.

Pour terminer, on redescend en plaine côté Branson, le Chargeux :

Ici, on lève les yeux et on comprend rapidement sur quel type de terroir on se trouve. En haut, tout en haut, à 2000 mètres d’altitude de grandes falaises de roches instables nous surplombent pour se réunir dans un puissant dévaloir. On est sans aucun doute sur un cône de déjection. Une aire d’atterrissage de tout le matériel rocheux s’érodant au-dessus à l’aide des orages, des pluies, des avalanches, du gel-dégel. Historiquement ce site était magnifiquement rempli de murgères entourant les micro parcelles de vignes. Ces murs de pierre, construits par l’épierrement des hommes au fil du temps, pouvaient atteindre 2-3 mètre de haut et protégeaient les vignes en leur cœur. Les gens se déplaçaient sur les murgères d’une à l’autre. Dans les années 70, elles ont été en grande partie détruites et les pierres utilisées dans la région pour le soubassement de la future autoroute A9.

La Syrah, le Gamay et la Petite Arvine ont ici tout à loisir de plonger leurs racines dans ce pierrier tout en profondeur et de maturer leur baies dans la chaleur intense estivale. Abrités du vent par la situation géomorphologique, et entouré de la forêt aux alentours, ces cépages se retrouvent au cœur du ballet aérien des corbeaux, du chant des cigales, et du sentier du vignoble avec ses promeneurs.